La taxe carbone et l’imposture écologique
de Charles Hoareau
Avec sa taxe carbone le gouvernement et ceux qui soutiennent la mesure donnent un nouvel exemple de mauvaise réponse à une vraie question.
Qui a envie de vivre dans un monde pollué ? Ni vous ni moi ! Alors qui sont-ils ces gens que l’on va taxer ?
TOTAL ? qui en vendant du pétrole a fait des profits d’un montant supérieur au déficit de la France ?
ARCELOR MITTAL qui dispose pour ses 6 usines françaises d’un droit annuel à émettre gratuitement 8 millions de tonnes de carbone ?
Celles et ceux qui vendent sur le marché (et oui !!) le droit à polluer au prix de 14€ la tonne ? []
Vous n’y êtes pas du tout ! Tous ceux là seront exemptés de cette fameuse taxe et on peut observer au passage qu’une telle exonération – à 32€ la tonne le prix prévu [] – représente pour ARCELOR déjà cité une économie de …250 millions d’euros dès la 1ère année !
Non ceux qui devront payer la taxe c’est vous et moi ! Et pourquoi ? Parce qu’il y a des experts mandatés par des politiques qui ont conclu que plus nous paierons, moins nous gaspillerons d’essence, car vous ne le saviez pas, mais c’est démontré par des spécialistes : nous gaspillons l’essence et le chauffage par plaisir d’émettre du carbone…Et sans respect pour la planète bien sûr : foi de Yann Arthus Bertrandqui ne se déplace qu’en hélicoptère !
Personne ne conteste qu’il faut réduire les émissions de gaz la question qui reste c’est comment s’y prendre dans l’intérêt des peuples ?
Faut-il le redire ici ? C’est d’abord le principe même d’une taxe qui est à remettre en cause. Dans un pays où les impôts indirects – les plus injustes car frappant indistinctement les riches et les pauvres – représentent plus de 60% des recettes de l’Etat comment accepter une nouvelle taxe quelle qu’elle soit ? En plus concernant cette taxe-ci le gouvernement a clairement annoncé la couleur : « Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail » []. Autrement dit, au nom de l’écologie on voudrait une fois de plus baisser les cotisations nécessaires à une vraie sécurité sociale déjà bien mal en point. Comme si cette question de la protection sociale était une question secondaire, en tous cas seconde par rapport à la compétitivité des entreprises qui seraient contraintes de délocaliser à cause des charges énormes qu’elles supporterait. Mais comme le dit Yves Dimicoli dans l’Humanité : « On ne sait pas assez l’inanité d’une telle argumentation : entre 1991 et 2008, le total cumulé des exonérations de cotisations sociales patronales a atteint 260,6 milliards d’euros, dont 221 milliards compensés par l’État. Or le déficit commercial de la France ne cesse de se creuser (il a atteint 55,65 milliards d’euros en 2008) tandis que les exportations de capitaux s’emballent : en 2008, il sera sorti en net quelque 160 milliards d’euros au titre des investissements directs à l’étranger qui ont généré des délocalisations et, donc, des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord. »