Le Pakistan et le mythe de la « bombe islamique »
Le risque de voir la bombe atomique pakistanaise tomber dans les mains de « terroristes islamistes » ou autres « talibans » est évoqué par Washington pour justifier son engagement militaire en Afghanistan/Pakistan. Or, selon l’étude de Nicolas Ténèze que nous publions, cette menace est imaginaire : la bombe pakistanaise a été développée avec l’aide technique de la Chine et des États-Unis. Au-delà des péripéties politiques, Washington en conserverait aujourd’hui encore le contrôle.

La Coalition, engagée depuis novembre 2001 dans « le cimetières des empires », l’Afghanistan [], doit faire face à une aggravation de sa situation depuis 2005, avec des pertes civiles et militaires en constante augmentation, une islamisation rampante, et des violences qui sont le fait d’insurgés en tous genres, de Taliban, de seigneurs de la guerre récalcitrants, de trafiquants, de séparatistes ethniques ou encore de simples bandits. La guerre s’est précocement propagée vers le Pakistan (on parle de la guerreAfgPak), d’où elle était en fait partie. Ce pays oscille entre une collaboration mesurée et parfois contrainte avec la Coalition, et une volonté de ménager les Taliban, pour préserver un équilibre politique intérieur fragile. Ces derniers mois, la progression des « étudiants » les approche de la capitale, Islamabad.
Le Pakistan, État artificiel à majorité musulmane sunnite, fondé le 14 août 1947, sur la base d’une fédération de régions autonomes, possède théoriquement la bombe atomique depuis 1987 environ, mais ne l’a testée semble t-il pour la première fois qu’à l’été 1998 ; cette date étant considérée aujourd’hui comme celle du statut nucléaire du pays. Il détiendrait actuellement entre 20 et 100 têtes nucléaires, les études étant divergentes. Le pays n’a pas signé le Traité de non-prolifération (TNP,) le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ni le Code de conduite de la Haye sur la prolifération balistique. En outre, plusieurs rapports concordants en 1996 [] évoquent l’existence d’un programme biologique, axé sur l’anthrax, bien que la Convention sur les armes chimiques (CAC) et celle sur les armes bactériologiques (CAB) aient été signées et ratifiées. Sa présence fut une conséquence de leur emploi par les Soviétiques en Afghanistan.
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