Le retour du spectre de la catastrophe

Publié le par Duke

Par David North
18 mai 2010

Par certains aspects critiques, le monde de 2010 ressemble aux conditions qui existaient à la veille de la Première et de la Seconde guerre mondiale. La crise économique, les tensions géopolitiques et l’instabilité sociale sont plus grandes qu’à n’importe quel moment depuis 1945 – Rapport sur « Les perspectives et les tâches du Parti de l’Egalité socialiste, » janvier 2010.

[I]l est clair que depuis septembre 2008 nous sommes dans la situation la plus difficile depuis la Seconde guerre mondiale – peut-être même depuis la Première guerre mondiale. Nous avons vécu – et nous vivons – des moments vraiment dramatiques – Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel, 15 mai 2010.

Tard dans la soirée du vendredi 7 mai 2010, une scène extraordinaire s’est déroulée à Bruxelles lors d’une réunion des dirigeants des 16 pays membres de la zone euro. Une impasse était survenue entre la France et l’Allemagne au sujet de la faisabilité et des termes de l’aide financière à la Grèce. Avec le soutien du gouvernement Obama, le président français Nicolas Sarkozy insistait pour que l’Union européenne finance un plan de secours de 750 milliards d’euros pour la monnaie unique. La chancelière allemande Angela Merkel continuait de s'opposer à cette revendication.

Subitement, entre onze heures trente et minuit, la réunion est devenue explosive. Le président Sarkozy, selon des observateurs, a commencé à « crier et à hurler, » tapant du point sur la table en exigeant que l’Allemagne retire son opposition. Si Merkel refusait, a mis en garde Sarkozy, la France se retirerait de l’euro. Il a ajouté, pour que ce soit bien clair, qu'il en résulterait des dégâts durables pour les relations franco-allemandes. Confrontée à cette menace, qui avait le soutien du gouvernement Obama, Merkel a accepté la mise en place du plan de secours.

Cette confrontation avait lieu le soir même du 65ème anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Immédiatement après cet accord, les marchés ont célébré la dernière « solution » en date à la crise économique mondiale grandissante. La communauté financière était encouragée par les promesses des gouvernement de Grèce, d’Espagne, de la Roumanie, du Portugal et de plusieurs autres pays européens d'appliquer les mesures d’austérité draconiennes inégalées exigées par la Banque centrale européenne (BCE). L’accord en Grande-Bretagne entre les Tories (conservateurs) et les libéraux-démocrates de former un gouvernement de coalition et d’attaquer les déficits budgétaires massifs du pays a contribué au rebond de marché. Toutefois, vers la fin de la semaine, l’euphorie se dissipait et les marchés enregistraient de nouveau des pertes substantielles au fur et à mesure qu'il apparaissait que l’accord forcé entre Sarkozy et Merkel n’avait résolu aucun des problèmes sous-jacents – et en fait, ne ferait qu’aggraver la situation

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